Eero Saarinen 1910-1961

Fils de Eliel Saarinen, architecte et directeur de la vénérable Cranbrook Academy of Art qui l’a formé dans ses jeunes années, Eero Saarinen a apporté la preuve par deux qu’un dyslexique peut devenir hyperdoué en se passant quasiment d’enseignement classique. Son Arche en acier de 192 m de haut édifiée à St Louis et le futuriste Terminal de l’aéroport J.F.K. de New York, tous deux chefs d’œuvre post-mortem signeront sa consécration d’architecte mais sa réputation se fonde surtout aujourd’hui sur le mobilier minimaliste et organique pour lequel il remporte avec son ami Eames un concours organisé en 1940 par le Moma, grâce à l’Organic Chair.

Toute la sensibilité expérimentale de Saarinen va surtout éclater dans la série emblématique Pedestal de 1956, éditée par Knoll avec la Tulip Chair et son piètement unique qui évacue gracieusement le “fouillis” des pieds de chaises et de jambes. Une audace formelle et technique qu’il va décliner aux tables, fauteuils, tabourets, dessertes et même aux cendriers.

Finlandais qui n’est devenu américain qu’en 1940, Eero Saarinen incarne pourtant au moment de sa mort précoce à l’aube des années Kennedy une forme de génie américain à l’apogée de son pouvoir de séduction.